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CHATAIGNIER

Balanin des châtaignes

 

Présentation

La larve du balanin est responsable, avec celle du carpocapse, des châtaignes véreuses.

Symptômes et dégâts

Les fruits attaqués par le balanin se reconnaissent aux gros trous circulaires de quatre mm de diamètre dans leur paroi et aux galeries encombrées d’excréments fins dont les éléments sont libres, fortement tassés mais non liés par des fils soyeux comme ceux du carpocapse.

Eléments de biologie

Le balanin des châtaignes est un élégant charançon de neuf à dix mm dont le corps, gris fauve, est caractérisé par un rostre aussi long que le corps chez la femelle.
Ayant hiverné à l’état de larve dans une logette terreuse, confectionnée l’automne précédent à des profondeurs diverses de 10 à 60 cm et plus, le balanin se nymphose à la fin du mois de juin et durant la première moitié du mois de juillet. L’adulte sort de terre d’une façon échelonnée dès le 15-20 août, mais la sortie maximale se produit durant la première décade de septembre, et se prolonge jusqu’à la fin de ce mois.
L’accouplement survient dès la sortie, mais les femelles doivent nécessairement s’alimenter une semaine au moins avant d’atteindre la maturité sexuelle et commencer à pondre. La ponte des trente à cinquante œufs s’échelonne sur deux à trois semaines : pour cela la femelle insinue d’abord profondément sa tête entre les piquants de la bogue pour la perforer de ses mandibules, son rostre disparaissant dans le trou ainsi foré jusqu’au point d’insertion des antennes qu’elle rabat vers l’arrière le long du rostre. Puis, ayant dégagé son rostre, elle se retourne, dévagine son ovipositeur télescopique et l’introduit entièrement dans le canal creusé jusqu’à l’amande. L’œuf est ainsi déposé directement au contact de la nourriture que la future larve consommera.
La femelle ne dépose qu’un seul œuf par perforation, mais plusieurs femelles peuvent visiter le même fruit. De ce fait, il n’est pas rare de rencontrer deux, trois et jusqu’à dix larves dans une seule châtaigne, chaque larve creusant sa galerie indépendamment de celles des larves qui cohabitent avec elle.
Après dix jours d’incubation la larve éclot ; la durée de sa croissance est d’environ quarante jours. Après quoi les larves quittent les fruits en découpant un gros orifice circulaire de quatre mm de diamètre alors que ceux-ci sont déjà tombés au sol ou sont même commercialisés. La larve, à la fin de sa croissance est longue de douze à quinze mm, elle est blanche, arquée et bien dodue ce qui permet de la différencier de celle du carpocapse.
Dès leur sortie des fruits, les larves de balanin s’enfoncent dans le sol pour y confectionner une logette de terre tassée dont la paroi est enduite d’une sécrétion qui durcit. La majorité des larves subissent la nymphose l’année suivante, mais une proportion non négligeable d’entre elles (25 à 40%) reste en diapause prolongée une ou plusieurs années, leur nymphose n’ayant lieu qu’au bout de deux, trois et même quatre ans. Les adultes de balanin se dispersent peu d’un lieu à un autre et la majorité des larves sortent des fruits après leur chute au sol.

Conditions et facteurs favorisants

Les variétés de châtaignes ne sont pas toutes attaquées avec la même intensité. Elles ont un degré de sensibilité qui est fonction de la nature du revêtement épineux de la bogue.
Le fait de laisser des fruits au sol ou de tarder à les ramasser permet aux larves de s’enfouir dans le sol et ainsi de maintenir la population.

Stratégie de protection

Il n’existe pas de moyens de piégeage efficaces du balanin. Pour déterminer sa période de vol, il faut disposer d’une cage d’émergence. En année normale le vol commence dans la deuxième quinzaine d’août et peut durer jusqu’à fin septembre. Compte tenu de la grande profondeur d’enfouissement de la larve, la période de vol est assez régulière.
Lutte préventive :
Compte tenu que la larve ne sort du fruit que lorsque celui-ci a chuté, on peut pratiquer une élimination efficace de ce ravageur par une récolte rapide et totale en prenant bien soin de détruire par broyage ou brûlage tous les déchets de triage.
On peut ainsi faire baisser notablement le niveau de la population du balanin dans le verger d’autant que les adultes se déplacent assez peu d’un verger à l’autre.
Lutte chimique :
Le traitement contre le balanin peut se faire en même temps que le ou les deux derniers traitements contre le carpocapse. Il n’y a qu’un seul produit bénéficiant d'une AMM, à base de lambda-cyhalothrine.


Mots-clés

CHATAIGNE, Curculio elephas (GYLLENHAL), INSECTE RAVAGEUR 

Fiche mise à jour par Henri Breisch en mars 2004 (© Ctifl)